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Enfant TDAH, le témoignage d’un « attachiant »

Publié par Mathilde Etienne le

Enfant TDAH témoignage attachiant

Enfant TDAH, le témoignage d'un "attachiant"

Actif, vitaminé, sensible, équilibriste, affectueux, empathique, spontané, vif, intelligent, marrant, pertinent, curieux, usant, entêté, impulsif, passionné et passionnant, qui dit mieux ? Un enfant TDAH (Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité).

Enfant TDAH témoignage attachiant

Préambule sur ce témoignage d’un enfant TDAH

Suzanne et Max sont les parents de Louis. Ils ont tenté de mettre en mots le ressenti de leur petit garçon et d’expliquer, à travers ce témoignage, ce que vit un enfant TDAH.
Attention tous les enfants TDAH n’auront pas forcément les mêmes difficultés ni les mêmes signes cliniques.
La seule façon de savoir si votre enfant est TDAH est de consulter un médecin psychiatre ou neuropédiatre.
Le diagnostic est complexe (absence de signes neurologiques ou physiques) et l’expression du TDAH est variable mais il permet d’aider son enfant en lui apportant des aides et aménagements adaptés à son trouble.

A la fin de ce récit, vous trouverez une explication sur le rôle de chaque professionnel pouvant intervenir dans le diagnostic et la prise en charge de l’enfant TDAH ainsi que des liens utiles.

Enfant TDAH, mon vécu

Moi, petit

Bonjour, je m’appelle Louis, j’ai 8 ans et je vais vous raconter mon histoire, celle d’un enfant TDAH. J’étais un beau gros bébé très calme, souriant, facile, j’ai marché à 16 mois. 
En maternelle mon maître disait de moi que j’étais un enfant rêveur, dans les nuages et qui n’écoutait pas les consignes mais il trouvait qu’en petit groupe je pouvais être très percutant ! Ca l’étonnait même cette grande différence. Mes parents ne se sont pas inquiétés, je suis né en novembre, j’étais jeune, immature comme on dit. 
J’avais un copain que je ne quittais jamais, c’était mon copain à moi.

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Mes années primaire…CP…CE1…CE2

Mais en CP, j’ai commencé à ne plus aimer l’école du tout. J’étais puni toutes les semaines, je devais faire des tours de cour, ce qui m’allait plutôt bien, ça me dégourdissait les jambes. Il faut dire que j’en faisais des bêtises, j’avais une imagination débordante !

Un jour, avant d’aller en récré, j’ai décidé avec mon copain Moustafa de voler tous les bons points de mes copains parce que moi je n’en n’avais pas beaucoup ! Malheureusement, la maîtresse s’en est rendue compte. Bah oui ce n’était pas très malin quand j’y repense…et on a passé un mauvais quart d’heure parce que ma maîtresse de CP elle était en mode « militaire », la vieille école comme on dit mais avec de l’humour alors on se marrait bien quand-même.

En CE1 et en CE2 j’ai eu la même maîtresse qui essayait de m’aider mais décidemment l’école ça ne devait pas être mon truc, plus les journées passaient et moins j’aimais apprendre…le pire c’était la chorale, un calvaire ! 

Ma maîtresse me connaissait, elle m’avait à l’œil mais elle ne savait pas comment m’aider. Elle pensait que j’étais un enfant mal élevé et chouchouté : « ah Louis, c’est le petit prince chez lui, il doit faire ce qu’il veut ». Je n’ai rien compris à ce qu’elle m’a dit.

CM1…et comment primaire a rimé avec enfer !

Le CM1 a été la pire année de toute ma vie et pourtant, jusque-là, ce n’était pas l’éclate ! J’ai enchaîné bêtises sur bêtises et je crois que ma maîtresse n’en pouvait plus de moi ! J’avais besoin d’une maîtresse pour moi tout seul mais bon c’était impossible.
Quand la maîtresse me donnait une évaluation à faire, je lui répondais que je ne la ferai pas son évaluation, de toute façon je ne l’avais pas apprise puisque j’oubliais toujours mes cahiers pour faire mes devoirs. C’est maman qui passait son temps à envoyer des SMS aux parents pour récupérer le travail.

Mon problème principal c’est que j’abandonne tout de suite, je ne suis pas persévérant comme on dit. Si je n’ai pas la réponse immédiatement, j’ai l’impression que je ne trouverai jamais et mon cerveau se met en pause. Je préfère abandonner que prendre le risque d’échouer parce que je n’ai déjà pas beaucoup de réussite alors un échec de plus, je ne le supporterai pas !

C’est difficile pour la maîtresse car je gigote sur ma chaise, je fais des bruits avec ma bouche, je joue avec tout ce que j’ai sous la main, mes crayons, ma gomme, mes ciseaux et la plupart du temps je les fais tomber et la maîtresse me regarde avec son regard noir, fâché l’air de dire « encore toi Louis ! ». Il m’est même arrivé de tomber de ma chaise et toute la classe a bien rigolé sauf la maîtresse.
Ma maman a acheté un cône pour que mes pieds puissent bouger mais je n’en voulais pas alors je l’ai caché sous l’armoire de la maîtresse dès qu’elle a eu le dos tourné. Je n’avais pas du tout envie que mes copains se moquent de moi !

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L’heureuse arrivée

Ma bouffée d’air de l’année s’appelle Monsieur Edouard. Pendant deux semaines ma vie a changé. Mon nouveau maître remplaçant savait y faire avec moi et comme par magie j’avais envie de travailler, il m’encourageait beaucoup même si souvent il me trouvait insupportable. Il m’a même dit : « Louis si je ne peux pas te faire confiance, je ne pourrai pas t’emmener au cinéma avec toute la classe ». Je me suis tenu à carreau, j’avais trop envie d’aller au cinéma avec mes copains.

Un jour, devant toute la classe, il m‘a fait lire un texte que j’avais écrit parce qu’il était vraiment trop bien mon texte m’a-t-il dit. J’avais un peu la honte de lire devant toute la classe mais j’étais fier de moi.

Mon super maître avec ses supers pouvoirs est parti et tout a recommencé. 
J’étais puni tous les jours ou presque mais la pire punition a été : « pas de tournoi de sport ». Mes copains ont fait une pétition pour que j’y participe mais non, ça n’a pas fonctionné, c’était sympa de leur part, ça m’a fait chaud au cœur.

Le Directeur

J’ai passé une bonne partie de l’année chez le Directeur qui lui, me comprenait mieux. J’avais l’impression qu’il avait compris que j’étais un enfant différent mais intéressant. Il disait que parfois on ne savait pas du tout où je voulais en venir mais que si on cherchait on comprenait pourquoi j’agissais ainsi.

Mais encore fallait-il prendre le temps de m’écouter ! Les maîtresses n’avaient jamais le temps, avec 25 élèves par classe (« vous vous imaginez si on avait 25 élèves comme Louis ! »).

Mes copains

Oui, mes copains ils en ont marre de moi parfois parce que je suis trop collant ou alors trop impulsif. J’ai du mal à attendre mon tour, je ne les écoute pas toujours et je leur coupe la parole ! En classe, je les dérange parce que je fais du bruit et quand je suis puni de récréation, je ne peux plus être avec eux alors ils m’oublient !

C’est injuste d’être encore en classe pendant que les autres s’amusent. Heureusement qu’il y a Alex, mon meilleur ami. Il rigole de mes bêtises et on a beaucoup de centres d’intérêt communs mais coté caractère, tout nous oppose : il est posé, calme et réussit tout ce qu’il entreprend, ça m’énerve un peu, je suis même jaloux parfois !

Mes activités extra-scolaires

Les activités extra-scolaires se passent mieux mais ce n’est pas toujours facile et les profs disent de moi que je suis « ailleurs ». Un prof de ski a même dit un jour à mes parents : « Louis, je ne le comprends pas, il pourrait être le meilleur du groupe et même sauter un niveau mais il n’écoute rien, il n’en fait qu’à sa tête ! ».

Mes parents auraient dû se méfier, à l’âge de 3 ans j’ai décidé de changer de groupe et de quitter les piou piou pour aller chez les loups car je trouvais que le loup c’était beaucoup plus sympa comme animal ! du coup j’ai eu mon piou piou et mon loup, j’étais drôlement content et fier.

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Mes résultats

Non Acquis ça veut dire que je n’ai rien compris ?
Mes notes, ça dépend des jours mais en général, elles font des montagnes russes. Quand c’est un sujet qui me motive comme l’histoire c’est mieux mais pas toujours ! J’ai déjà eu non acquis alors que je connaissais tout sur le bout des doigts. Je ne sais pas pourquoi j’ai de si mauvaises notes alors que j’ai l’impression que je comprends des choses.

Quand je m’ennuie je rêvasse ça fait passer le temps, je pense à mon prochain cadeau et aux cartes de foot que je vais m’acheter ! Le problème c’est que je n’écoute rien pendant mes rêveries lointaines.

Je me dis que je dois être moins intelligent que les autres et je dis à mes parents que je suis bête ou que ça serait mieux si je n’existais pas. Une fois j’étais tellement énervé que papa me répète la même chose que j’ai attrapé le premier livre venu et hop trois coups de livre sur la tête. Ca m’a fait mal mais je ne ressens rien quand je me sens si nul, je suis comme anesthésié.

Organisé : très peu pour moi !

Dans mon casier un chat ne retrouverait pas ses petits comme on dit, il y a des feuilles froissées, des crayons débouchonnés, des goûters à moitié mangés, quel bazar ! 
La maîtresse est gentille, elle me prend à part et m’explique ce qu’elle attend de moi mais je ne sais pas pourquoi, alors que j’ai envie de bien faire et de respecter les règles, dès qu’elle a le dos tourné, c’est comme si elle n’avait rien dit. Je n’ai plus le contrôle de mon cerveau et je peux faire n’importe quoi. 
Alors elle dit « là s’en est trop Louis, tu le fais vraiment exprès, je vais convoquer tes parents ! ». 

Je fais des efforts mais je ne sais pas pourquoi, ça ne marche pas : je ne dois pas être un enfant normal même si ça ne se voit pas, je suis un handicapé invisible.

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Ma famille

  • Mes parents

Fais pas ci, fais pas ça !

Je sais que mes parents m’aiment, ils me le disent mais je vois bien que parfois, ils n’en peuvent plus de moi. Je suis un « attachiant », qu’est-ce qu’ils peuvent le répéter que je suis chiant !

A chaque nouveau mot de la maîtresse, je vois bien qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe. Ma maman, elle a même pleuré une fois, elle pensait qu’elle n’était pas une bonne maman ! 

Mon papa, ce n’est pas pareil, il s’en fout d’être un bon papa ou pas il veut que j’écoute ! Alors tous les deux, ils crient et me font mal aux oreilles 

« Louis va faire tes devoirs, Louis va te laver les dents, Louis pourquoi as-tu oublié ton gilet ? C‘est quoi ce mot dans ton carnet ? Louis, ce n’est pas comme si on venait de te le dire, Louis va ranger ta chambre, Louis, ce n’est pas comme si ça faisait 10 fois qu’on te le répétait (même trente fois, ça ne changeait rien !), tu ne comprends rien ou quoi ? ».

Oulala Louis par-ci Louis par-là, j’en pouvais plus alors j’ai trouvé une solution, je ne leur montrais plus les mots ! Ce n’était pas une solution, les parents ça sait toujours tout …

Ne pas être à la hauteur

J’avoue que ce n’est pas facile pour mes parents, ça prend des heures pour que je me mette aux devoirs, on perd du temps et maman me dit : « tu crois que j’ai toute la soirée pour faire des devoirs ? ». Bah moi non plus je n’ai pas toute la soirée, je dois jouer aussi, elle est marrante elle !!!!

Papa et maman ils me répètent toujours les mêmes choses et je ne sais pas pourquoi mais c’est comme si mon cerveau ne se rappelait pas de toutes les consignes à faire alors qu’ils m’ont préparé un super emploi du temps…encore une déception, exit l’emploi du temps ! 

Maman elle pensait avoir trouvé une super solution : me donner des récompenses pour me motiver…ça n’a pas marché, ça me stressait encore plus et quelle déception quand je ne pouvais pas avoir la récompense tant attendue…c’était la crise assurée.

Je suis monsieur toujours « plus », plus de temps de jeu, d’écrans et quand on me récompense de 10 minutes d’écran supplémentaires, je pars en boudant, ça n’est pas assez, je préfère ne rien avoir ! Moi je voudrais faire ce dont j’ai envie sans que personne ne me dise ce que j’ai à faire !

Je vois bien que je les déçois et plus j’ai l’impression de les décevoir et plus je suis insupportable ! Je fais des colères, je crie, j’insulte, je n’arrive plus à me contrôler, mais il a quoi mon cerveau à moi ??? 

J’imagine que je suis méchant et mauvais pour réagir ainsi ! La seule chose qui me rassure c’est le câlin de ma maman, si elle me fait un câlin c’est qu’elle m’aime toujours, ouf !

  • Mes frères

J’ai deux grands frères et le plus petit joue avec moi de temps en temps parce qu’il est sympa et qu’il sait que je n’arrive pas à jouer tout seul mais jouer aux playmobils à 13 ans, il commence à en avoir marre !

Mes frères ils n’en peuvent plus de moi, mon grand frère m’a même dit « on serait mieux sans toi, ça serait mieux que tu ne sois pas là : ». Je fais le mec détaché mais j’avais envie de pleurer parce que je suis très sensible !

  • Mes grands-parents

Mes papis et mamies, ils ne savent même pas ce que c’est le TDAH mais ça ne les a pas empêchés de s’adapter à moi ! 

Avec mon papi de Bourgogne on fait une sortie par jour, je suis toujours partant et il a bien compris que j’en avais besoin. La dernière fois on a fait une ballade, on est allé à la piscine, on a rendu visite à mémé, on a fait les courses, il m’a acheté un cadeau c’était cool ! 

Avec les autres grands-parents, de Paris, on va faire les boutiques, on va manger chez flunch et au cinéma, j’en ai de la chance !

  • Ma tata

Elle est trop sympa, elle est encore plus dynamique que moi et m’emmène partout, un vrai bout en train. Avec elle, c’est le marathon du plaisir ! Il faut juste que je me contrôle pour ne pas me disputer avec ma petite cousine, qu’est-ce qu’elle est énervante celle-là ! On s’adore et on se déteste, c’est un peu ma vie ça, être adoré et détesté.

Mes émotions : de vraies montagnes russes !

Ce n’est pas facile pour moi de contrôler mes émotions, je suis une vraie tornade parfois. Je n’aime pas quand on me dit non et si on me dit non je reviens à la charge tant que je n’ai pas ce que je veux, je suis entêté comme pas possible et souvent, mes parents cèdent pour avoir la paix ! Enfin, c’est plutôt maman qui cède, elle est nulle en punition. Papa lui répète tout le temps : « arrête de le couver, tu ne lui rends pas service, quoi tu lui as préparé sa tartine mais il a 8 ans !!!! ».

Quand je tape mon frère  ou que je l’insulte, mes parents ont décidé que je devrai lui rendre un service pour me faire pardonner (mettre la table à sa place, ranger sa chambre, lui préparer son petit-déjeuner, …). Il y a une règle, il faut que le service soit rendu le lendemain pour ne pas oublier et j’avoue que ça fonctionne plutôt bien.
On a aussi une règle qui marche bien dans notre famille c’est : « chacun s’occupe de ses affaires et pas celle des autres » parce que j’ai tendance à donner mon avis sur tout, en d’autres termes, « je la ramène » !

Quand je réagis mal et que je fais une colère, on en parle le soir. Maman me demande si j’aurais pu faire autrement et en général la réponse est oui. C’est bien de pouvoir parler de ses émotions, ça soulage.

Moi aussi je sais me concentrer, ça vous étonne ?

Quand il y a un sujet qui me passionne, je me donne à fond, je peux faire ça pendant des heures, comme quoi je peux me concentrer mais quand ça me plaît et que je suis motivé. 

Par exemple je me suis passionné pour le foot et je connais le nom de tous les joueurs, je suis incollable.

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La rencontre avec le psychiatre

Avant le diagnostic

Mon orthophoniste et ma psychomotricienne m’ont beaucoup aidées mais ça ne suffisait pas. Il fallait savoir ce qui se passait. Alors mes parents ont décidé de prendre RDV avec un psychiatre, un psy quoi ????? Je n’étais pas très motivé mais quand j’ai su que je manquerais l’école ça m’a bien plu ! d’autant plus que je passerai du temps avec mes parents, c’était chouette, on est même allé manger une pizza avant le RDV.

Quand j’ai rencontré le médecin psychiatre j’ai bien aimé qu’il s’intéresse à moi et qu’il me pose des questions. Je me suis bien amusé à bouger sur ses chaises pivotantes mais papa et maman me faisaient les gros yeux l’air de dire « arrête tout de suite ! ». Dans son cabinet, il y avait des masques un peu bizarres sur les murs mais il était trop sympa ce docteur, il me laissait lire mes BD pendant qu’il parlait avec mes parents.

Après plusieurs entretiens, tests, questionnaires, bulletins scolaires, le verdict est tombé : TDAH. 

Après le diagnostic

Je n’ai rien compris : « c’est quoi ton truc ? » et il m’a alors tout expliqué. Il m’a dit que pour m’aider il faudrait que je prenne un médicament, « ça a quel goût ton médicament ? », « ça n’a pas de goût », «je ne le prendrai pas ton médicament ! » et il a dit à papa et maman : « un enfant est content quand il fait plaisir à ses parents » mais j’ai bien vu que le médicament ce n’était pas une option qui les tentait beaucoup !!!

Il faut savoir que je ne suis jamais malade et que depuis que je suis tout petit, je n’ai jamais pris aucun médicament. Je suis très sensible de la bouche et goûter de nouveaux aliments est un effort sur humain, un peu comme un arachnophobe qui doit toucher une araignée !

Sur le chemin du retour j’ai dit à mes parents que c’était n’importe quoi, que j’allais faire des efforts et que ça irait mais…ça n’a fait qu’empirer et il a fallu se décider.

Le traitement était la dernière alternative mais ça n’a pas été la seule. J’ai été aidé par ma psychomotricienne et une psychologue. Elles m’ont donné des outils pour mieux m’organiser, gérer mes émotions et mon impulsivité. Pas fastoche pour un enfant de 8 ans qui fait de son mieux !

Le CM2 : une aventure que je n’oublierai jamais !

Début CM2, j’ai commencé le traitement, pas vraiment le choix, je commençais à ne plus croire en moi. Mais beurk, c’était un supplice chaque matin.

CM2 a été une année merveilleuse, j’ai rencontré une maîtresse qui m’a compris. Dès le début, elle m’a dit « écoute Louis c’est très simple, si ça se passe bien entre nous deux, on va passer une année merveilleuse mais si ça ne se passe pas bien, ça va être horrible pour nous deux ». Je ne sais pas pourquoi je n’avais pas envie de la décevoir, j’avais même envie qu’elle soit fière de moi. Elle était sévère je n’avais pas trop envie de la contredire.

Et l’année a été formidable. J’ai arrêté mon traitement parce que ma maîtresse elle trouvait que je n’en n’avais pas besoin. Ca ne la dérangeait pas que je bouge et que je participe, elle trouvait ça super même. On travaillait en îlots et je pouvais me lever, bouger mais à condition de travailler. 

La maîtresse elle disait que j’étais champion en calcul mental, j’ai gagné au concours des chiffres, j’étais une fusée en calcul, je connaissais des tas de choses sur l’histoire et les batailles. Quand c’était plus difficile, elle m’encourageait toujours, elle ne m’a jamais abandonné, elle disait toujours à maman : « moi je n’ai aucun problème avec Louis ! ». Elle m’a même redonné le goût au dessin.

J’avais de la valeur pour elle, elle a réussi à me faire progresser et gagner confiance en moi. Mes notes ont fait une remontée spectaculaire. Il faut dire qu’elle ne manquait pas d’imagination : des tas d’idées pour apprendre en s’amusant.
Bon après il y a eu le confinement, ce n’était pas pareil mais elle nous suivait de près.

Et maintenant, la 6 ème

Voilà mon histoire, je suis en 6 ème et ce n’est pas facile tous les jours !

J’ai déjà perdu mon carnet de correspondance, il faut toujours que je me fasse remarquer, j’ai eu un 2/20 en histoire alors que je connaissais ma leçon sur le bout des doigts, et travailler tout seul est difficile voire impossible mais je fais des efforts !

Rien n’est jamais acquis, il faut se battre, accepter de se faire aider et parler de ce qui ne va pas. Il faudra certainement que je me fasse à nouveau aider : revoir le psychiatre, apprendre des méthodes de travail, …la route est sinueuse et à chaque jour suffit sa peine !

Je sais que mes parents seront toujours là pour moi alors parents ne vous inquiétez pas, croyez en nous parce que si vous ne le faites pas, qui le fera ?

Nous sommes des attachiants mais nous sommes créatifs, curieux, sensibles, intelligents, spontanés, encouragez-nous, valorisez-nous et nous irons loin, très loin…chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin, dites-leur que chacun sa route, chacun son chemin, passe le message à ton voisin….

Enfant TDAH, le regard de la psychomotricienne sur ce témoignage.

Une imagination débordante, de la créativité, de la débrouillardise, une énergie remarquable, de l’enthousiasme, de la spontanéité, une capacité de faire les choses d’une façon originale et d’entreprendre plusieurs choses à la fois, de voir des détails que d’autres peuvent manquer… le TDAH n’est pas un manque de compétence ou d’information, mais bien un problème de maîtrise de soi (concentration, effort, motivation) !
Demander à l’enfant de « faire des efforts » ou de « faire mieux » alors qu’il n’en est pas capable, équivaut à demander au myope qui n’a pas de lunettes de « regarder mieux » !

L’enseignant joue un rôle clé pour ce qui est d’aider les élèves ayant un TDAH à vivre une expérience positive à l’école.
Il peut aider l’enfant à réussir à l’école en assurant une surveillance constante de cet enfant et en adaptant individuellement son enseignement en conséquence.
Ainsi, il serait souhaitable d’établir une relation régulière et bienveillante avec la famille, permettant de souligner les aspects positifs et les progrès de l’enfant, de déculpabiliser enseignants et parents. Ces rencontres sont un moyen efficace de décrire, de suivre, et d’améliorer le comportement en classe d’un élève TDAH, tout en le valorisant.

Enfant TDAH, liens utiles

Catégories : TDAH

Mathilde Etienne

Psychomotricienne DE, Master 2